Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences
Balises :
Lien permanent Réponse de Vidal Aedo le 18 mars 2009 à 22:13
Lien permanent Réponse de Redha Rizzo le 19 mars 2009 à 17:20
Lien permanent Réponse de Nemi le 11 mai 2009 à 21:03
Lien permanent Réponse de Lou le 17 mai 2009 à 22:30
Lien permanent Réponse de Mathieu le 10 avril 2009 à 22:13
Lien permanent Réponse de Elsa Reymond le 17 mars 2012 à 12:06 Dans cet article, Marc Dupuis explique que « le tout petit enfant construit un système d’explication qui lui est propre » constituant des connaissances dites naïves. Ces connaissances sont opposées au savoir scolaire constitué, selon l’auteur, de connaissances « plus scientifiques et rationnelles ». Personnellement, je ne remets pas en cause le fait que les premières conceptions sont moins scientifiques que celles qu’inculque l’école, mais j’émets quelques réserves quant au statut de « vérité » qu’auraient les savoirs scolaires. Nous avons vu en cours que certains savoirs (comme la catégorisation du vivant ou encore la théorie de l’évolution humaine) enseignés à l’époque où j’étais moi-même à l’école primaire, avaient été modifiés. Je suppose qu’on pourrait, désormais, les considérer comme naïfs, ou du moins comme dépassés et trop simplistes. Car la conception est aujourd’hui plus précise, plus détaillée, plus complexe. Et qui sait ce qu’il en sera dans 10 ans ? Dans 30 ? L’enseignement que j’ai reçu n’est pas le même que celui que je vais avoir à donner. Il va même évoluer au fil du temps et de ma carrière. Je pense donc qu’il faut être très prudent quant au statut de ce savoir savant qu’on ne peut considérer comme une vérité puisqu’il est simplifié et en pleine évolution.
Ce constat m’amène à modifier mes propres conceptions de l’enseignement des sciences, suite aux apports des premiers cours de didactique suivis cette année. Outre le fait que, certains contenus ont été modifiés, le type d’enseignement a changé également. Quand j’étais à l’école primaire, l’enseignement était plutôt basé sur des savoirs fixes à apprendre par cœur et à restituer. Ce genre d’enseignement n’a pour moi pas grand sens au vu de ce que nous venons d’observer : le savoir évolue. J’ai donc été agréablement surprise de constater l’accent mis sur la réflexion, l’esprit critique et la démarche de recherche scientifique dans l’enseignement des Sciences tel qu’il est conçu aujourd’hui.
Quant au savoir « naïf » des élèves, comment le prendre en compte ? Je pense tout d’abord qu’il faudrait considérer ces conceptions non pas comme étant « fausses », mais comme moins élaborées. L’important est donc de faire évoluer les conceptions des élèves, non pas du faux au correct mais en les rationnalisant, en les nourrissant, en les étoffant. Notons encore que les représentations se complexifieront mais n’atteindront jamais un stade final. Elles se perfectionnent tout au long de la vie et évoluent parallèlement à la recherche scientifique qui permet de les rendre de plus en plus « vraies » (mais sans ne jamais atteindre un statut de « vérité »).
La piste proposée par cet article, pour prendre en compte les représentations des élèves, est intéressante : demander aux élèves quelles sont leurs conceptions avant le lancement d’une séquence sur le sujet. On retrouve une idée que nous avons souvent vue en didactique du français lorsque la séquence commence par une production initiale permettant de situer les représentations, les acquis et les manques des élèves afin d’adapter l’enseignement aux besoins de la classe. Ce dernier élément est important : le fait de s’intéresser aux conceptions des élèves n’a pour moi de sens que s’il on est prêt à prendre en compte ces représentations et à adapter notre enseignement.
Ce travail préalable peut paraître rébarbatif mais je pense qu’il peut être crucial, et ludique, à condition de varier les dispositifs. On peut demander aux élèves de dessiner comment ils se représentent telle ou telle notion, leur demander d’expliquer oralement un phénomène… Ce type d’activité, en plus d’informer l’enseignant sur les conceptions des élèves, permet de susciter chez ces derniers des questions (qu’ils ne se seraient pas forcément posés !). L’enseignement vient alors comme une tentative de réponse à une question collective de la classe, une question qui a du sens. A partir de là, les élèves confronteront leurs hypothèses à la réalité, notamment par l’expérimentation (comme lors de la construction de notre immeuble en papier journal par exemple) et transformeront, petit à petit, leurs conceptions.
Après cette réflexion, quelques questions pourraient encore être développées :
Comment présenter aux élèves des savoirs à la fois valables et probablement temporaires ?
Quelles activités permettent aux élèves de confronter leurs conceptions à la réalité afin de constater, par eux-mêmes, qu’elles doivent être modifiées ?
Comment s’adapter réellement aux conceptions des élèves pour les transformer ? C’est à dire en tenir compte et non pas seulement les entendre.
Lien permanent Réponse de Laurent Dubois le 17 mars 2012 à 12:30 Certains auteurs, sans nier l'importance de mieux connaître les conceptions des élèves, prétendent qu'il est très difficile de les identifier par le dessin ou par des discussions orales. En effet, un dessin ou une explication orale, ne représente que le sommet de l'iceberg ! Comment savoir ce qui se passe dans la tête des élèves ? Il semble nécessaire d'une part de se fier aux recherches existantes sur les conceptions (Thouin, M., 2009) et d'autre part, ne pas croire qu'en 30 minutes au début des leçons, il est possible de récolter les conceptions de chaque élève. Elles se révèlent sur le long terme ! Et est-ce que les enseignants changent vraiment leur leçon après avoir "récolté" les conceptions de leurs élèves ?
Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011
© 2013 Créé par Laurent Dubois.