Enseigner les Sciences, EE et EDD

Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences

Un article paru dans "Le Monde" (11 mars 2009) oppose le savoir scolaire au savoir naïf. Mais finalement, est-ce que les savoirs scolaires, savoirs transposés, transformés, simplifiés, ne représentent pas eux-mêmes des savoirs naïfs ? Peut-être que l'apprentissage consiste à voyager de savoirs naïfs en savoirs un peu moins naïfs, c'est-à-dire à progressivement élaborer de nouvelles conceptions, de nouveaux modèles explicatifs de plus en plus complexes tout en développant la capacité à renoncer sciemment à nos anciennes conceptions, sans pour autant les voir disparaître ! Parce que nos représentations du monde ne sont que des idées, organisées, reposant sur des langages construits et socialement partagés.

Cela dit, l'article de Marc Dupuis mentionne qu'il est nécessaire d'identifier les conceptions des élèves avant chaque séquence d'enseignement-apprentissage. Cependant, il peut être très rébarbatif de débuter chaque séquence par la récolte des conceptions. De plus, procéder de la sorte c'est oublier que l'apprentissage est un mécanisme continu et qu'il est difficile d'identifier les conceptions à priori ! Celles-ci surgissent et se révèlent la plupart du temps dans l'action, lorsque les élèves sont confrontés à des situations concrètes et lorsqu'ils manipulent du matériel ou des objets.

Quoi qu'il en soit, chaque conception, chaque modèle explicatif construit individuellement, ne sera remis en question que lorsque le réel viendra bousculer cette conception. Il restera alors, pour l'élève, à construire un nouveau modèle !

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Réponses à cette discussion

Je trouve cet article intéressant et bien conçu. J’ai pris du plaisir à le lire et je pense qu’il va plus loin qu’un « simple » écrit sur les pratiques enseignantes. J’ai apprécié la citation expliquant qu’on a besoin de réponses, malgré le fait qu’elles puissent être fausses. Surtout à l’école et à majeure partie dans les petits degrés, il me semble que l’enfant a besoin de se sentir rassurer. La découverte du quotidien l’amène à se poser des questions, à vouloir trouver des réponses et chercher de les comprendre : quel plaisir pour l’enseignant ! Á cet effet, je ne m’attarderai pas sur la question en suspend, laissée par l’auteur de l’article, concernant la des formation des enseignants. Au contraire, je m’intéresserai davantage sur ses propos au sujet des conceptions naïves des élèves, préalables à l’entrée à l’école.

David Hume* , empiriste du 18ème siècle, pour parler des origines de la connaissance, distingue les impressions (perceptions, sentiments) et les idées, copies d’impressions. Ce philosophe va plus loin en affirmant que les impressions (réalité absolue) sont à l’origine de nos connaissances. La pensée de ce philosophe et l’article de Dupuis M. nous permettent de prendre connaissance d’une réalité qui parfois échappe à l’enseignant : l’élève n’arrive pas en classe telle une cire vierge . Cette conception, longuement discutée, nous amène à accueillir tous les matins, à 8h00, des élèves très proches et à la fois très différents, mais qui à eux seuls pourraient nous (ré) apprendre l’Histoire de l’Évolution.

Ainsi, pour illustrer la question pourquoi les dinosaures ont disparu (rencontrée lors d'un stage), je me permettrai de citer un élève d’une classe de première enfantine : « c’est parce qu’il y a eu des changements climatiques et que leur corps n’a pas pu s’adapter ». Alors, que certains enfants parviennent tout juste à se rendre compte des changements de saisons... Comment réagir ?

Dupuis M., dans son article, explique que si les connaissances naïves sont correctes, elles peuvent faciliter l’apprentissage de l’enfant. A contrario, si ces conceptions naïves étaient erronées, il conviendrait de les remettre à jour pour en (re) construire. Mais dans la pratique, comment réagir ? En ritualisant la mise en situation d’un nouveau chapitre de sciences par une récolte d’a priori ? Comment gérer les connaissances diverses des élèves sans tomber dans un effet topaze du contrat didactique entre enseignant- élève – et objet d’enseignement/apprentissage ? Comment éviter de tomber dans une pratique enseignante gérée par le rituel des impressions préalables ?

*Hume, D. (1993). La morale. Traité de la nature humaine III. Paris : GF-Flammarion

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Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011

Dans la peau d'un chercheur

Billet de Cosson Marik

Billet de Cosson Marik

L'ouverture des boites

Ecole Les Clarines Bernex 74 - ça y est , nous avons ouvert nos boites le 6 mai pour les CM, et le 7 pour les CE.- Chaque laboratoire a d'abord travaillé sur un protocole d'ouverture.- En réunion des laboratoires nous avons établi une liste de nos hypothèses sur le contenu des boites, afin de pouvoir comparer cette liste à ce que nous allions trouver à l'ouverture. Liste établie :Nous nous attendons à trouver dans la boite suite à nos expérimentations et à la lecture des radios :- un tube avec une bille à l'intérieur- un aimant dans 3 boites- une noix- un écrou- un œuf avec du riz sec à l'intérieur- des clous de girofle- une boite en carton avec une gomme dedans- une carte verte (puisque cette carte était un jour sortie à moitié) Nous avons encore des points à vérifier : dans les boites avec aimant, il y a encore une différence, car le tuyau n'est pas à la même place qu'indiquée sur les radios. OUVERTURE des BOITES par les 5 laboratoires- Nous avons décidé d'ouvrir les boites et de prendre une photo avant d'avancer dans les investigations. - Le contenu confirme nos hypothèses : le tuyau (qui est en aluminium), la bille, l'œuf en plastique avec le riz, la noix, l'écrou (qui est en plastique aussi), la boite en carton, les clous de girofle. - Nous découvrons : des graines dans un petit sac, une carte avec dessin coloré (mais pas la même dans toutes les boites), une carte en braille. De nouvelles investigations et des questions : - C'est la bille qui est aimantée, comme nous en avions émis l'hypothèse et elle descend lentement dans le tuyau.-> il faudra penser à établir une note explicative de ce phénomène de champ magnétique entre l'aluminium et l'aimant. - La bille non aimantée, tombe normalement dans le tube. C'est elle qui produisait le bruit sec contre du métal. - Dans 2 boites le tuyau n'est pas placé le long de l'arête, il s'est décollé. C'est pour ça que la bille aimantée ne réagissait pas de la même façon dans une des boites. - Le sachet contient des graines que nous ne connaissons pas.il y a 3 sortes.  Nous pensons à en planter, mais dans de la terre ? dans du coton ?  - Il n'y a rien de vivant -> si, on répondu certains, la noix est vivante. Polémique, tous ne sont pas d'accord. A poursuivre - Les 5 cartes colorées. 2 sont identiques. est-ce que d'autres classes ont les mêmes ? ou d'autres ?Nous sommes d'accord pour penser qu'il s'agit de l'infiniment petit. Investigations à poursuivre. - Les cartes de braille  sont identiques. Il faudra les décoder. Un élève qui a un papa mal voyant est parti avec une d'entre elles. VOICI NOS CARTES : Avez-vous les mêmes ? les élèves des Clarines CE1 au CM2, BERNEXPlus

Billet de Prisca Veuillet

Billet de Prisca Veuillet

Incroyable

Après avoir fait faire les raidographies de nos boîtes, nous avons pu nous rendre compte que nous étions bien proches de la réalité: nous y voyons clairement un tube en métal contenant une bille, du clou de girofle. Les scanners effectués à l'aéroport nous ont permis d'attester le fait qu'il y avait présence de métal.Nous avons également découvert d'autres éléments: une noix, un écrou, une petite boîte contenant un cube en métal, une autre contenant du riz. Cette dernière s'est d'ailleurs ouverte dans une de nos boîtes et nous voyons bien que le riz s'est déversé à l'intérieur.Nous avons alors décidé de créer une boîte témoin contenant tout ce que les radios nous révelaient. Nous y avons inséré une autre petite boîte contenant un cube entouré de scotch métallique. Retour sous les rayons....et nous constatons avec fierté que nous sommes bien dans le juste (malgré le petit cube entouré de scotch qui ne semble pas similaire).La séance suivante, nous avons décidé de percer un trou d'1 cm2 dans la boîte. Nous avons d'abord anticipé le lieu de prédiléction pour percer la boîte. Chaque groupe de laboratoire a dû d'abord argumenté.Une fois le trou effectué, les labos ont pris leur lampe de poche et ont observé le "ventre" de la boîte. Chaque groupe a pu observé toutes les boîtes. Aussi, une fois en conférence, nous avons pu faire une liste de tout ce qui a été vu. Que de surprises, que de choses que les radios n'ont pas révélées: un sachet de thé, une carte en braille, une carte d'étudiant de l'université, etc.Pour finir, une élève a apporté un périscope (peu certaine du nom. Nous avons donc introduit une petite caméra dans l'ouverture d'1 cm2 et nous avons observé sur un petit écran ce que nous pouvions voir plus clairement: un oeuf blanc en plastique, une image, etc.Juste magique!La prochaine fois, ON L'OUVRE :)Plus

Billet de Blanc Nadège

Billet de Blanc Nadège

ouverture de la boite et suite des recherches

Voilà, nous avons ouvert les boites, et surprise!Nous avons affirmé certaines hypothèses: clou de girofle, boite avec quelque chose dedans, tuyau et bille, noix.Et nous avons découvert de nouveaux objets: l’œuf, le sac de "thé", les feuilles.Il y a encore des choses à découvrir:     * Qu'est-ce que ces choses dans le sachet: des graines? Nous avons décidé de les semer!     * Le langage sur le papier est du Braille, la classe de CP-CE1 qui a travaillé sur ce langage nous a traduit le message!     * Les tuyaux sont tous les mêmes, mais pourquoi les billes ne tombent pas à la même vitesse?Nous avons encore du travail pour finir de percer le mystère.Plus