Enseigner les Sciences, EE et EDD

Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences

Repenser l’école n’est pas chose facile


Pour y parvenir, il ne suffit pas de se demander si les programmes et les curriculums scolaires correspondent oui ou non aux connaissances actuelles. Il faut avant tout mettre à plat ce qu’implique l’évolution à laquelle sont soumises, non seulement nos sociétés industrialisées, mais notre monde en général. A travers cette évolution, il faut ensuite poser la question du rôle que l’école doit y jouer. Cette approche amène à redéfinir les priorités de l’enseignement, la place des savoirs et les moyens d’y accéder. Une telle remise en question ne peut se faire sans envisager le devenir des acteurs de l’institution scolaire, qu’il s’agisse des enseignants ou des élèves.



Une société face à ses défis


Notre société est face à une série de défis -voire de périls- qu’elle doit tenter de surmonter au plus tôt et où l’école a son rôle à jouer.
Premièrement, il y a le défi socio-économique. Son origine est à chercher dans les transformations excessivement rapides des modes de production, engendrées par l’expansion des savoirs scientifiques et techniques et leur relation de plus en plus étroite avec l’économie. La mondialisation de cette dernière, favorisée par les débauches télématiques, l’a encore accentué. Il en résulte une série de problèmes qui commencent à déstabiliser fortement nos institutions et nos liens sociaux : chômage, fractures sociales et exclusions.


Deuxièmement, on trouve les défis environnementaux, conséquence directe des révolutions industrielles successives. Nos rejets, nos processus d’exploitation, de consommation vont au-delà des capacités autorégulatrices des écosystèmes et même de la biosphère. Avec nos déchets radioactifs, nous polluons la Terre pour au moins les 100 000 prochaines années. Cette façon de gérer notre planète risque d'exclure définitivement, en même temps que nous-mêmes, les générations futures.


Troisièmement, on rencontre à nouveau sur notre route ceux que nous pensions avoir dépassé : les défis épidémiologiques. Une kyrielle de nouvelles maladies, dont certaines, comme le cancer dû à l’utilisation de l’amiante, l’hormone de croissance ou la "vache folle", ont été engendrées par des technologies insuffisamment
maîtrisées. Si les avancées diagnostiques nous permettent de les déceler, la médecine est encore aujourd’hui incapable d’y remédier. De multiples maladies anciennes, comme la tuberculose, reprennent une importance croissante, sans compter que l’abus d’antibiotiques a provoqué des résistances des souches bactériennes.


Last but not least, notre société rencontre des défis éthiques ; nous savons manipuler les espèces, nous développons des autoroutes de l’information, nous nous apprêtons à nous cloner nous-mêmes, sans même en imaginer les conséquences, sans nous interroger au préalable sur l’intérêt de le faire.


Ces défis nous poussent à en affronter un plus grave encore, celui de notre sentiment d’impuissance. Pourtant, et ceci peut paraître paradoxal, une prise de conscience nous oblige à jeter un regard différent sur notre propre environnement socio-culturel. Car nous nous rendons compte que si nos sociétés continuent à se développer de la façon dont elles le font actuellement, elles risquent d’imploser, et l’humanité peut finir par se détruire.



Quoi enseigner et pourquoi ?


Parallèlement à l’émergence de ces nouveaux défis, toute une partie de notre culture tend à disparaître. La plupart de nos repères ont été balayés ou sont en passe de l’être. La logique classique, la causalité linéaire, le déterminisme strict s’avèrent incomplets. Les notions d’espace, d’énergie, de temps, de matière, etc... ont été remises en question au cours du siècle. L’énergie peut devenir de la matière, le temps peut se contracter, l’espace est courbe, la vitesse est relative, l’électron devient une onde ou une particule selon l’observateur, le chaos peut être organisateur, l’univers n’est pas permanent.


D'énormes lacunes existent dans l’approche de la culture contemporaine à l’école. Des champs entiers de savoirs en sont absents ou du moins, extrêmement restreints. Qu'enseigne-t-on sur la connaissance du cinéma, de la télévision, de la culture de l'image en général et des arts graphiques en particulier ? La sémiotique, tout ce qui a trait à l'histoire, aux mondes de l'image, de la presse sont absents.


L'environnement, l'aménagement de l'espace dont on scande tous les jours l'intérêt ne fait toujours pas l'objet d'un enseignement systématique. Actuellement, moins de 5% des élèves en ont une toute petite sensibilisation. La culture des techniques, la production industrielle, etc. sont toujours dévalorisées, méprisées ou limitées à quelques secteurs professionnels. Pourtant, elles devraient être élevées au rang de culture pour tous, tant leurs apports, les transformations qu'elles introduisent sont considérables pour mieux produire et bien consommer.


De même, on n'aborde jamais avec sérieux l'économie, l'éthique, l'épistémologie, ou si peu dans les classes terminales. La consommation, le droit, l’architecture, la stratégie, la sociologie, la psychologie individuelle et de groupe, l'analyse des institutions, l'anthropologie, l'histoire des idées dont celle des mythes, des croyances ou des sciences et des techniques sont ignorés. Fait encore plus significatif, le savoir sur l'apprendre n'est même pas envisagé à l'école!...


Bien sûr, il est inconcevable d’imaginer ajouter ces domaines aux programmes scolaires. D'autant plus que, dans chacun de ces domaines, les connaissances augmentent considérablement : les savoirs doublent tous les dix ans en moyenne. La moitié des données en technologie sont périmées au bout de cinq ans, dix huit mois en matière d’informatique !..


Neuf dixièmes des connaissances que les élèves auront à maîtriser au cours de leur vie n'ont pas encore été produites. Leur importance est devenue telle qu'il est hors de question de pouvoir apprendre une telle masse de savoirs. Le temps scolaire ne pouvant suivre cette évolution exponentielle, des choix drastiques sur les contenus actuels sont à faire. La priorité est donc d'apprendre aux élèves à gérer ces connaissances par eux-mêmes. Ce turn-over de données demande des individus constamment à l'affût. L’élève doit acquérir des méthodes pour accéder aux informations, les trier, les mobiliser à bon escient ou encore pour évaluer leur pertinence et leur plausibilité par rapport aux problèmes à traiter.



Prendre en compte les nouvelles idées sur apprendre


Pour parvenir à faire de nos élèves de futurs adultes autodidactes, capables de prendre en charge leur propre “formation continue”, il faut revoir nos propres conceptions sur ce que signifie apprendre et enseigner. L’acte d’apprendre est infiniment plus complexe qu’on le suppose habituellement. De plus, enseigner, au sens habituel, n’est pas forcément faire apprendre. Bien au contraire, l’enseignement peut empêcher de comprendre ou de mémoriser pour toutes sortes de raisons. Il peut même démotiver et bloquer l’élève à plus ou moins long terme.


On ne peut transmettre des connaissances comme on transvaserait des contenus d'un récipient dans un autre.


Ainsi, apprendre est rarement le résultat d’une simple transmission. Apprendre, c’est autant évacuer des savoirs peu adéquats, que s’en approprier d’autres. Il faut comprendre cet acte comme le résultat d’un processus de transformations..., de transformation des questions, des idées initiales, des façons de raisonner habituelles. L’enseignement qui l’accompagne n’est donc pas quelque chose de simple et d’évident à partir du moment où l’on prend conscience que c’est l’élève qui comprend, apprend, mobilise le savoir, et… que personne ne peut le faire à sa place. Néanmoins, si nous parlons d’accompagnement, c’est parce qu’il est hors de question d’en rester au niveau de l’élève. Quelque soit son âge, il doit être confronté à un projet éducatif.



Ouvrir l’école


Sortons du cadre scolaire pour constater que l’école n’est pas le seul lieu où l’on apprend. Les bibliothèques, les médiathèques, les clubs, les associations, les maisons de quartier ou du citoyen, les groupes d’échanges de savoirs, etc. sont également des lieux d’appropriation de démarches de pensée, d’élaboration de savoirs ou de clarification de valeurs. Il en est de même pour les médias (presse, revues et télévision,..). Tous ces lieux peuvent apporter des données ou permettre d’accéder à des savoirs déjà élaborés.


Le rôle de l’école du futur est ainsi à redéfinir ; sa fonction essentielle n'est plus de distribuer des connaissances. A terme, les multimédias et les bases de données électroniques seront des moyens plus performants. L'école doit devenir le lieu où sont offertes, s’organisent et se mettent en place les conditions favorables à l’acte d’apprendre. Pour ce faire, elle doit pouvoir compter sur un corps enseignant sachant avancer des repères, faciliter des états de questions, jouer le rôle de référent que l'on vient consulter pour se situer dans le flot de données. Notamment, l'enseignant peut provoquer une réflexion sur les savoirs et sur leur place dans la société. Prenant en compte la vie sociale de ses élèves, il leur permet de tisser des liens entre les différents lieux d’apprentissage, lui permettant ainsi de mobiliser et de réinvestir ses connaissances et ses savoirs en de multiples occasions. Il interpelle, concerne, donne envie d'apprendre en encourageant à l'effort que demande tout apprentissage, en offrant à l’élève des occasions de s’impliquer de manière réelle et constructive dans des projets qui ont du sens pour lui et où sa responsabilité de (futur) citoyen entre en ligne de compte. Pour favoriser une telle ouverture, tant à un environnement global que local, les enseignants doivent cesser de se confiner dans un rôle de “transmetteur de savoirs”. Il est primordial qu’ils acceptent enfin l’idée qu’un enseignant ne peut pas tout savoir, afin de devenir de véritables maîtres à penser, à chercher, à découvrir. Leur attitude vis-à-vis de l’accès aux connaissances et leur propre manière de rester “d’éternels étudiants”, capables d’apprendre de manière continue, y compris grâce à l’apport de leurs propres élèves, face à un monde de savoirs en constante expansion sont les meilleurs garants d’une véritable réussite scolaire.


Ainsi, si seul l'élève peut apprendre, il ne peut apprendre seul. Ce processus doit être largement favorisé par ce que nous appelons un environnement didactique. C'est ce paradoxe que l'école a aujourd’hui à gérer.

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Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011

Dans la peau d'un chercheur

Billet de Cosson Marik

Billet de Cosson Marik

L'ouverture des boites

Ecole Les Clarines Bernex 74 - ça y est , nous avons ouvert nos boites le 6 mai pour les CM, et le 7 pour les CE.- Chaque laboratoire a d'abord travaillé sur un protocole d'ouverture.- En réunion des laboratoires nous avons établi une liste de nos hypothèses sur le contenu des boites, afin de pouvoir comparer cette liste à ce que nous allions trouver à l'ouverture. Liste établie :Nous nous attendons à trouver dans la boite suite à nos expérimentations et à la lecture des radios :- un tube avec une bille à l'intérieur- un aimant dans 3 boites- une noix- un écrou- un œuf avec du riz sec à l'intérieur- des clous de girofle- une boite en carton avec une gomme dedans- une carte verte (puisque cette carte était un jour sortie à moitié) Nous avons encore des points à vérifier : dans les boites avec aimant, il y a encore une différence, car le tuyau n'est pas à la même place qu'indiquée sur les radios. OUVERTURE des BOITES par les 5 laboratoires- Nous avons décidé d'ouvrir les boites et de prendre une photo avant d'avancer dans les investigations. - Le contenu confirme nos hypothèses : le tuyau (qui est en aluminium), la bille, l'œuf en plastique avec le riz, la noix, l'écrou (qui est en plastique aussi), la boite en carton, les clous de girofle. - Nous découvrons : des graines dans un petit sac, une carte avec dessin coloré (mais pas la même dans toutes les boites), une carte en braille. De nouvelles investigations et des questions : - C'est la bille qui est aimantée, comme nous en avions émis l'hypothèse et elle descend lentement dans le tuyau.-> il faudra penser à établir une note explicative de ce phénomène de champ magnétique entre l'aluminium et l'aimant. - La bille non aimantée, tombe normalement dans le tube. C'est elle qui produisait le bruit sec contre du métal. - Dans 2 boites le tuyau n'est pas placé le long de l'arête, il s'est décollé. C'est pour ça que la bille aimantée ne réagissait pas de la même façon dans une des boites. - Le sachet contient des graines que nous ne connaissons pas.il y a 3 sortes.  Nous pensons à en planter, mais dans de la terre ? dans du coton ?  - Il n'y a rien de vivant -> si, on répondu certains, la noix est vivante. Polémique, tous ne sont pas d'accord. A poursuivre - Les 5 cartes colorées. 2 sont identiques. est-ce que d'autres classes ont les mêmes ? ou d'autres ?Nous sommes d'accord pour penser qu'il s'agit de l'infiniment petit. Investigations à poursuivre. - Les cartes de braille  sont identiques. Il faudra les décoder. Un élève qui a un papa mal voyant est parti avec une d'entre elles. VOICI NOS CARTES : Avez-vous les mêmes ? les élèves des Clarines CE1 au CM2, BERNEXPlus

Billet de Prisca Veuillet

Billet de Prisca Veuillet

Incroyable

Après avoir fait faire les raidographies de nos boîtes, nous avons pu nous rendre compte que nous étions bien proches de la réalité: nous y voyons clairement un tube en métal contenant une bille, du clou de girofle. Les scanners effectués à l'aéroport nous ont permis d'attester le fait qu'il y avait présence de métal.Nous avons également découvert d'autres éléments: une noix, un écrou, une petite boîte contenant un cube en métal, une autre contenant du riz. Cette dernière s'est d'ailleurs ouverte dans une de nos boîtes et nous voyons bien que le riz s'est déversé à l'intérieur.Nous avons alors décidé de créer une boîte témoin contenant tout ce que les radios nous révelaient. Nous y avons inséré une autre petite boîte contenant un cube entouré de scotch métallique. Retour sous les rayons....et nous constatons avec fierté que nous sommes bien dans le juste (malgré le petit cube entouré de scotch qui ne semble pas similaire).La séance suivante, nous avons décidé de percer un trou d'1 cm2 dans la boîte. Nous avons d'abord anticipé le lieu de prédiléction pour percer la boîte. Chaque groupe de laboratoire a dû d'abord argumenté.Une fois le trou effectué, les labos ont pris leur lampe de poche et ont observé le "ventre" de la boîte. Chaque groupe a pu observé toutes les boîtes. Aussi, une fois en conférence, nous avons pu faire une liste de tout ce qui a été vu. Que de surprises, que de choses que les radios n'ont pas révélées: un sachet de thé, une carte en braille, une carte d'étudiant de l'université, etc.Pour finir, une élève a apporté un périscope (peu certaine du nom. Nous avons donc introduit une petite caméra dans l'ouverture d'1 cm2 et nous avons observé sur un petit écran ce que nous pouvions voir plus clairement: un oeuf blanc en plastique, une image, etc.Juste magique!La prochaine fois, ON L'OUVRE :)Plus

Billet de Blanc Nadège

Billet de Blanc Nadège

ouverture de la boite et suite des recherches

Voilà, nous avons ouvert les boites, et surprise!Nous avons affirmé certaines hypothèses: clou de girofle, boite avec quelque chose dedans, tuyau et bille, noix.Et nous avons découvert de nouveaux objets: l’œuf, le sac de "thé", les feuilles.Il y a encore des choses à découvrir:     * Qu'est-ce que ces choses dans le sachet: des graines? Nous avons décidé de les semer!     * Le langage sur le papier est du Braille, la classe de CP-CE1 qui a travaillé sur ce langage nous a traduit le message!     * Les tuyaux sont tous les mêmes, mais pourquoi les billes ne tombent pas à la même vitesse?Nous avons encore du travail pour finir de percer le mystère.Plus