Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences
Avant de commencer à écrire ce texte, je ne savais pas très bien par quel point démarrer, de quoi parler, comment choisir ce qui était pour moi une nécessité dans l’enseignement des sciences. Puis, en revenant de la conférence de vendredi sur le développement durable, et sur la protection de l’environnement, je suis rentrée chez moi avec un tas de questions dans la tête. Ais-je besoin de tout ce que je possède ? Est-ce que je me rends compte des ressources que j’utilise, que je gaspille ? Ressources que j’ai, mais que beaucoup d’autres non pas. Et je ne parle pas ici des valeurs monétaires, mais des ressources naturelles, des conditions dans lesquelles je vis, dans lesquelles nous vivons tous ici, dans un pays développé.
Puis, j’ai visionné la vidéo de Severn Suzuki, qui m’a littéralement bouleversée. Cette jeune fille a soulevé des questions qui devraient tous nous faire revenir sur nos modes de vies, sur nos habitudes. Le monde n’est pas ce qu’il est, il est ce que nous en faisons. En parlant de l’extinction de plusieurs centaines d’espèces animales et végétales, en voyant les photos des productions de serres ou encore d’aquaculture, qui se propagent comme la peste, j’ai compris à quel point il était urgent que nous agissions tous.
Lorsque nous sommes dans notre petit train de vie, nous avons tendance à nous dire « j’achète des tomates d’Espagne, et alors ? Etant donné qu’elles sont déjà en magasin, autant les acheter, le mal est fait. » ou encore « si je jette cette bouteille dans la poubelle, pour une fois, ce n’est pas la mort, il y a tellement de gens qui ne trient pas ». Je sui la première à avouer que j’ai déjà eu ce genre de réaction en me disant que ce n’est pas mes actions qui vont changer les choses. Mais si tout le monde pense ça, qui agit pour un monde meilleur ? Cessons de nous comparer aux autres, chacun est ce qu’il a envie d’être, à nous de savoir ce que nous voulons, ce que nous défendons, ce à quoi nous aspirions, pour que chacun puisse se battre pour défendre les valeurs auxquelles il croit. Je crois que je ne peux pas changer le monde seule, c’est vrai, mais que toutes mes actions comptent, elles ont un poids. Chaque geste que nous faisons est utile, et si tout le monde y met du sien, si tout le monde décide d’agir aujourd’hui, pour offrir à nos enfants un monde meilleur, à commencer par moi, je pense que oui, nous avons entre les mains une chance ultime de réparer le mal que nous avons fait à la Terre.
Dès la fin de la conférence, bien que j’ai toujours fait attention à respecter l’environnement, à faire des dons lors de catastrophes naturelles, ou encore à apporter un croissant à une femme qui dort tous les soirs dehors, devant les bâtiments de l’Université, alors que moi, j’ai un toit où passer la nuit, j’ai décidé d’aller plus loin. On peut toujours faire mieux, et comme le dit Severn « tu es ce que tu fais, pas ce que tu dis ».
Au cours de mes études, les professeurs ont sans cesse répété que nous allions former les futurs citoyens, ceux qui agirons à leur tour dans notre société. En tant que futurs enseignants, nous pouvons faire changer les choses, nous pouvons marquer nos élèves de valeurs dignes, primordiales et nécessaires pour la survie de notre planète. Je sais bien que nous n’aurons « que » vingt élèves par année, mais sur toute une vie d’enseignement, imaginez le nombre d’enfants qui pourront avoir pris conscience de ces valeurs, et qui pourront, grâce à nous, devenir de meilleurs hommes que nous le sommes...
Avant ce changement, car pour moi, j’ai réellement changé depuis cette conférence et surtout depuis cet extrait de Severn, je savais bien que j’allais pouvoir apporter beaucoup aux élèves, en leur enseignant des savoirs concrets qui pourront leur servir toute leur vie. Mais j’ai maintenant pris conscience que les matières que l’école met en premier plan ne sont peut-être pas celles qui ont la première importance. L’éducation à l’écocitoyenneté et au développement durable sont les enseignements qui serviront à faire de ces futurs adultes des adultes responsables qui pourront à leur tour offrir une chance de voir les merveilles naturelles que le monde nous offre à leurs enfants. Bien que je pense que les actions de ces enfants seront primordiales, et que j’ai la chance de pouvoir leur transmettre des valeurs qui les aideront à changer les choses, je pense que nous tous, aujourd’hui, nous devons commencer à agir de la sorte. Nous le DEVONS. Réfléchissons à nos achats, au fait de prendre notre voiture, à l’utilité d’avoir autant de lumières allumées, d’objets technologiques, de manger des tomates en hiver, ou encore du thon rouge importé du japon, des crevettes d’élevage. Est-ce responsable ? En a-t-on besoin pout survivre, pour être heureux ? Si ce n’est pas la cas, arrêtons tout de suite. Agissons. Pensons à ces enfants qui vivent dans les rues, des enfants qui nous ressemble, et qui n’ont rien, alors que nous avons trop. Ce monde est-il vraiment celui dans lequel nous voulons vivre, celui que nous voulons laisser aux générations futures ? Nous avons entre les mains la clé pour un présent et un avenir meilleur, c’est à nous d’agir, en tant qu’homme, que citoyen écoresponsable, que futurs parents, et pour ce qui nous concerne, que futurs enseignants. Transmettons des valeurs que nous respectons nous-mêmes, et qui changeront la vie de nos élèves, de leurs familles, de leurs enfants…
Notre avenir est entre nos mains, à nous d’agir, pas demain, mais aujourd’hui, dès maintenant. AGISSONS ENSEMBLE. Je pense qu’il faut que nous réfléchissions à l’école de demain, celle dans laquelle nous allons enseigner. Posons nous les bonnes questions.
Quelles sont les valeurs que je veux transmettre ? Est-ce que je me sens capable d’avoir l’ambition de changer les choses dans ma vie personnelle, et à l’école, de changer la vie de mes élèves ? Les sciences ne pourraient-elles pas devenir une opportunité de pouvoir choisir ce qu’on veut enseigner et comment nous voulons enseigner ? Aspire-t-on à ce que nos élèves soient capable, tout comme Severn, à vouloir que le monde dans lequel ils grandiront évolue ?
Comme l’a dit un jour un personnage qui était parfois dans la lune, et pour qui on pouvait arriver à des exploits inimaginables si on y croyait vraiment : UN PETIT PAS POUR L’HOMME, UN GRAND PAS POUR L’HUMANITÉ!!!
Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011
© 2013 Créé par Laurent Dubois.
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