Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences
Que je me souvienne, j'ai toujours aimé les sciences. J'avais, et j'ai toujours d'ailleurs, des livres sur le corps humain, les phénomènes naturels, et tout particulièrement sur les volcans! J'étais une fanatique des volcans et tout ce qui s'y rapportait. Je disais même que je souhaitais devenir vulcanologue ou enseignante de sciences lorsqu'on me demandait à l'école primaire ce que j'aimerais faire quand je serai grande.
Je me souviens de mon cycle d'orientation (7e-8e Harmos aujourd'hui, dans le canton de Vaud), ayant fait toutes mes classes dans le canton de Vaud, nous avions chaque semaine deux périodes de sciences. Nous faisions beaucoup d'expériences (l'équilibre, l'électricité etc) et j'aimais vraiment cela! J'avais même demandé un microscope pour Noël afin de faire des observations à la maison. Et c'est surtout à ce moment-là que les sciences m'ont parues accessibles. Les choses étaient présentées par l'enseignante de telle manière à ce que tout ce qui se produisait sous nos yeux d'élèves était compréhensible et clair.
Je n'avais jamais abandonné l'idée de cette potentielle carrière de vulcanologue, la preuve était que j'avais choisi la filière scientifique maths-physiques en 7e (9e Harmos) VSB (dans le canton de Vaud il y a trois "voies" à l'arrivée au cycle), mais je me suis vite rendue compte que ce qui se faisait en classe n'était pas ce à quoi je m'attendais et ne ressemblait pas à mes deux années précédentes. Par exemple, nous faisions des TP sur les faisceaux lumineux traversant un verre plus ou moins épais, ainsi qu'un liquide et nous devions calculer la trajectoire du faisceau. Il est vrai que nous faisions beaucoup de TP intéressants, mais nous devions appliquer des formules apprises par coeur sans savoir réellement à quoi cela nous serviraient. Je n'étais plus si motivée que cela. Et les sciences me paraissaient "barbantes" à cause de cet appris par coeur.
Cette expérience m'avait découragée face au choix de mon futur métier et à mon orientation scolaire sur le moment. Mais aujourd'hui, en tant que future enseignante, je suis décidée plus que jamais à montrer que les sciences peuvent être accessibles à tout le monde, et qu'elles peuvent être amusantes. Mais comment amener cette motivation à des élèves qui ont eu l'expérience de sciences "barbantes" et/ou incompréhensibles? Comment amener de l'intérêt aux sciences sachant qu'elles peuvent paraître si compliquées? Je suppose que tout ceci vient principalement de l'enseignant, et donc j'espère pouvoir faire partie de la catégorie de ceux qui arrivent à amener les différents sujets de sciences de manière ludique et pédagogique.
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Commentaire de Valérie LATEO le 17 mai 2012 à 17:29 Je suis entièrement d'accord avec Mariline lorsqu'elle dit: "je suis décidée plus que jamais à montrer que les sciences peuvent être accessibles à tout le monde, et qu'elles peuvent être amusantes." C'est à nous, futurs enseignants, de modifier l'enseignement des sciences. Comme le dit Giordan (1999), "l'enseignement scientifique et n'est plus adapté à la société pour laquelle il est censé préparer les citoyens. Il encombre l'esprit de détails inutiles, privant les élèves d'éléments de compréhension importants." (p. 14). Il ne s'agit donc pas de demander aux élèves de mémoriser des notions mais de leur donner les moyens de les comprendre.
Pour moi, les sciences ont toujours été synonyme de compréhension, car ce sont elles qui nous permettent de comprendre des phénomènes naturels, tels que le système solaire, les états de la matière, l'électricité, etc. C'est pourquoi, je souhaiterais, tout comme Mariline, réussir à rendre abordable la compréhension de ces phénomènes par les élèves. "Il faut dès lors partir des représentations de l'élève, des questions qu'il se pose, même si elles nous paraissent naïves." (Giordan, 1999, p.37). Avant de commencer une séquence d'enseignement-apprentissage, il est nécessaire pour l'enseignant de savoir plus ou moins où se trouvent les connaissances de ses élèves concernant le domaine qui sera abordé par la suite. C'est donc, en partant des représentations des élèves, ainsi que de leurs interrogations qu'il les motivera et leur donnera envie de comprendre de tels phénomènes. En effet, tout scientifique commence par se poser des questions et tente d’émettre des hypothèses pour y répondre. Il est donc important de laisser les élèves expérimenter leurs propres hypothèses et ne pas avoir peur de "perdre du temps". Il est évident qu'en tâtonnant, ils ne trouvent pas directement la solution, mais pouvons-nous dire qu'il n'y a qu'une seule solution, qu'une seule explication définitive en sciences? Non, je ne le pense pas, j'en suis même convaincue. Cependant, il ne s'agit pas de laisser les élèves manipuler pour manipuler. Il faut les rendre attentif à observer ce qu'ils font, se demander pourquoi ils le font et arriver à expliquer tout cela, ainsi que les résultats obtenus à leurs pairs. Ainsi, tout comme Giordan (1999) le souligne "Des moments de réflexion sur ce qu'il [l’élève] a fait sont [...] indispensables pour lui permettre d'expliquer ou de clarifier ce qu'il a fait ou compris..." (p.44). Pour les élèves, en particuliers les jeunes élèves, il est difficiles de verbaliser ce qu’ils ont fait ou compris, passer par le dessin peut être une bonne stratégie. Après un moment d’expérimentation, il me paraît nécessaire de procéder à une mise en commun qui permettrait d’institutionnaliser les découvertes des élèves.
L’enseignement des sciences est très riche que ce soit pour les élèves ou encore pour l’enseignant lui-même, car tous en retirent constamment quelque chose : c’est un domaine pour lequel nous ne cesserons jamais d’apprendre.
Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011
© 2013 Créé par Laurent Dubois.
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