Enseigner les Sciences, EE et EDD

Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences

Pratiques hétérogènes : conséquence persistante des tensions entre apprendre à faire des sciences et apprendre des connaissances scientifiques

Une récente étude exploratoire (Dubois L., 2008, non publié) confirme encore une fois que les pratiques en matière d'enseignement des sciences à l'école primaire restent très hétérogènes. D'une part, les sujets d'étude abordés par les enseignants sont très diversifiés, et cela malgré les plans d'étude prescriptifs, d'autre part, les activités mises en place par les enseignants témoignent d'une grande diversité des pratiques et des représentations de l'enseignement des sciences.

Cette étude exploratoire révèle également les tensions entre apprendre à faire des sciences et apprendre des connaissances scientifiques. En effet, quand il s'agit d'exprimer les objectifs de l'enseignement des sciences, la plupart des enseignants exposent des objectifs d'attitudes et de démarches scientifiques. Pourtant, l'analyse des activités proposées par ces mêmes enseignants montrent un recours à des tâches très hétérogènes, allant de l'expérimentation à la lecture de textes, en passant par le visionnement de DVD et la préparation d'une exposition. Si toutes ces activités peuvent trouver une justification, il est néanmoins nécessaire de clarifier les buts de chacune des activités proposées. Autre élément où l'on retrouve une grande hétérogénéité de pratiques, la production de documents par les élèves. La douzaine de productions sur lesquels les enseignants devaient se prononcer (schémas d’expérience, résumés, dessins, synthèses qu’ils copient du tableau noir, exposés écrits, notes dans un cahier ou un classeur personnel, panneaux d’exposition, comptes-rendus personnels, photographies, tableaux ou graphiques, relevés ou mesures, textes à trous), montre, là encore, une disparité énorme quant à la fréquence d'usage. Ces derniers sujets feront l'objet ultérieurement de billets de blog.

Apprendre à faire des sciences ou apprendre des connaissances scientifiques ?

Délicat de faire les deux, tant il existe de contradictions entre ces deux finalités. En effet, apprendre à faire des sciences met en avant une variété de méthodes qui s'appuient sur le développement de savoir-faire et de savoir-être permettant la construction des connaissances. Apprendre des connaissances scientifiques repose sur une représentation d'un savoir scientifique que l'on peut qualifier d'"immuable", existant en dehors de l'apprenant et qu'il s'agit de faire passer dans leur tête. La première contradiction concerne le statut de l'erreur. Dans le premier cas, l'erreur est stimulante, génératrice de nouvelles investigations. Dans l'autre cas, l'erreur doit être évitée ! Une autre contradiction touche le statut du savoir. Sans cesse en évolution dans le premier cas, figé dans le second. Construit selon une méthode rationnelle dans le premier, lu dans des livres ou sur Internet dans le second.

"Il faut arrêter de transmettre des sciences pour elles-mêmes. 50% des notions enseignées aujourd’hui seront obsolètes dans les vingt années à venir, de très nombreuses autres auront été produites. N’oublions pas que nos jeunes élèves seront encore actifs en 2060!… Quels seront alors les savoirs «utiles»? Ce qui est principal, c’est d’introduire chez l’enfant une disponibilité, une ouverture sur les savoirs; une curiosité d’aller vers ce qui n’est pas évident, familier. Il importe de les conduire au-delà de nos habitudes et de nos «prisons intellectuelles»" (in Giordan A., 2001, Pédagogie de la vulgarisation du savoir scientifique, Résonance, p. 3 à 5).

Cette affirmation de A. Giordan met du temps à être intégrée dans les pratiques. Renoncer à la transmission des connaissances et développer chez les élèves attitudes et démarches scientifiques constitue un chemin sinueux et parsemé d'embûches. C'est un saut dans l'inconnu diront certains. Un retour aux origines du savoir diront d'autres. Quoi qu'il en soit, l'enjeu est de taille, puisqu'il permet de redonner à la science son sens premier : une méthode rigoureuse pour apprendre.

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Commentaire de Laurent Dubois le 9 novembre 2008 à 19:09
Bien entendu, l'apprentissage des attitudes et démarches scientifiques repose sur des connaissances antérieures, des modèles explicatifs que l'élève aura acquis antérieurement... ...et l'apprentissage des méthodes scientifiques permettra de construire de nouvelles connaissances. En ce sens, il y a synergie entre ces "deux pôles de l'enseignement scientifique".
Commentaire de Tamara Iscru le 9 novembre 2008 à 15:27
Pour moi, le problème de l'échec scolaire est dans la compréhension sociale de l'éducation.
Apprendre que l'activité humaine est différente de l'éducation. L'apprentissage par la découverte est différente de l'éducation pour l'observation scientifique et la recherche. Les compétences en recherche de formation ne sont pas la même chose avec la vulgarisation de la recherche.
Il est important de distinguer entre les questions que nous nous proposons de faire avec les enfants.
Nous pensons un peut sur la paradigme de l'éducation, parce que nous inoirons les ressources mentale des enfants qui sont sugestiblles à l'illusions perceptives proposées par les médias. Formation pour travailler dans un environnement idéal, est aussi fausse que la formation à la vie dans un environnement virtuel. Une autre question est le rôle sociale de la recherche. Je pense que l'article cité mettre en place ce problème, qui exige un discours plus ellabore.
Tous les meilleurs,
Psychologue Professeur Docteur Tamara Iscru
Commentaire de Capelle le 9 novembre 2008 à 15:24
Une tension certes entre deux finalités mais tout l'enjeu de l'enseignement des sciences tient, de mon point de vue, dans une synthèse entre ces deux pôles.

Donner le goût et la curiosité pour les activités scientifiques en s'assurant que les élèves utilisent leurs connaissances scientifiques !
Commentaire de Capelle le 9 novembre 2008 à 15:21
S'il existe une vraie tension entre "apprendre à faire des sciences" et "apprendre des connaissances scientifiques", c'est pourtant vers une synthèse de ces deux pôles de l'enseignement scientifique qu'il faut tendre !

Certes arrêter de transmettre des sciences pour elles-mêmes, mais développer chez les élèves legôut etr la curiosité de la trechecrhe scientifique en utilisant deleurs conanissn

Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011

Dans la peau d'un chercheur

Billet de Cosson Marik

Billet de Cosson Marik

L'ouverture des boites

Ecole Les Clarines Bernex 74 - ça y est , nous avons ouvert nos boites le 6 mai pour les CM, et le 7 pour les CE.- Chaque laboratoire a d'abord travaillé sur un protocole d'ouverture.- En réunion des laboratoires nous avons établi une liste de nos hypothèses sur le contenu des boites, afin de pouvoir comparer cette liste à ce que nous allions trouver à l'ouverture. Liste établie :Nous nous attendons à trouver dans la boite suite à nos expérimentations et à la lecture des radios :- un tube avec une bille à l'intérieur- un aimant dans 3 boites- une noix- un écrou- un œuf avec du riz sec à l'intérieur- des clous de girofle- une boite en carton avec une gomme dedans- une carte verte (puisque cette carte était un jour sortie à moitié) Nous avons encore des points à vérifier : dans les boites avec aimant, il y a encore une différence, car le tuyau n'est pas à la même place qu'indiquée sur les radios. OUVERTURE des BOITES par les 5 laboratoires- Nous avons décidé d'ouvrir les boites et de prendre une photo avant d'avancer dans les investigations. - Le contenu confirme nos hypothèses : le tuyau (qui est en aluminium), la bille, l'œuf en plastique avec le riz, la noix, l'écrou (qui est en plastique aussi), la boite en carton, les clous de girofle. - Nous découvrons : des graines dans un petit sac, une carte avec dessin coloré (mais pas la même dans toutes les boites), une carte en braille. De nouvelles investigations et des questions : - C'est la bille qui est aimantée, comme nous en avions émis l'hypothèse et elle descend lentement dans le tuyau.-> il faudra penser à établir une note explicative de ce phénomène de champ magnétique entre l'aluminium et l'aimant. - La bille non aimantée, tombe normalement dans le tube. C'est elle qui produisait le bruit sec contre du métal. - Dans 2 boites le tuyau n'est pas placé le long de l'arête, il s'est décollé. C'est pour ça que la bille aimantée ne réagissait pas de la même façon dans une des boites. - Le sachet contient des graines que nous ne connaissons pas.il y a 3 sortes.  Nous pensons à en planter, mais dans de la terre ? dans du coton ?  - Il n'y a rien de vivant -> si, on répondu certains, la noix est vivante. Polémique, tous ne sont pas d'accord. A poursuivre - Les 5 cartes colorées. 2 sont identiques. est-ce que d'autres classes ont les mêmes ? ou d'autres ?Nous sommes d'accord pour penser qu'il s'agit de l'infiniment petit. Investigations à poursuivre. - Les cartes de braille  sont identiques. Il faudra les décoder. Un élève qui a un papa mal voyant est parti avec une d'entre elles. VOICI NOS CARTES : Avez-vous les mêmes ? les élèves des Clarines CE1 au CM2, BERNEXPlus

Billet de Prisca Veuillet

Billet de Prisca Veuillet

Incroyable

Après avoir fait faire les raidographies de nos boîtes, nous avons pu nous rendre compte que nous étions bien proches de la réalité: nous y voyons clairement un tube en métal contenant une bille, du clou de girofle. Les scanners effectués à l'aéroport nous ont permis d'attester le fait qu'il y avait présence de métal.Nous avons également découvert d'autres éléments: une noix, un écrou, une petite boîte contenant un cube en métal, une autre contenant du riz. Cette dernière s'est d'ailleurs ouverte dans une de nos boîtes et nous voyons bien que le riz s'est déversé à l'intérieur.Nous avons alors décidé de créer une boîte témoin contenant tout ce que les radios nous révelaient. Nous y avons inséré une autre petite boîte contenant un cube entouré de scotch métallique. Retour sous les rayons....et nous constatons avec fierté que nous sommes bien dans le juste (malgré le petit cube entouré de scotch qui ne semble pas similaire).La séance suivante, nous avons décidé de percer un trou d'1 cm2 dans la boîte. Nous avons d'abord anticipé le lieu de prédiléction pour percer la boîte. Chaque groupe de laboratoire a dû d'abord argumenté.Une fois le trou effectué, les labos ont pris leur lampe de poche et ont observé le "ventre" de la boîte. Chaque groupe a pu observé toutes les boîtes. Aussi, une fois en conférence, nous avons pu faire une liste de tout ce qui a été vu. Que de surprises, que de choses que les radios n'ont pas révélées: un sachet de thé, une carte en braille, une carte d'étudiant de l'université, etc.Pour finir, une élève a apporté un périscope (peu certaine du nom. Nous avons donc introduit une petite caméra dans l'ouverture d'1 cm2 et nous avons observé sur un petit écran ce que nous pouvions voir plus clairement: un oeuf blanc en plastique, une image, etc.Juste magique!La prochaine fois, ON L'OUVRE :)Plus

Billet de Blanc Nadège

Billet de Blanc Nadège

ouverture de la boite et suite des recherches

Voilà, nous avons ouvert les boites, et surprise!Nous avons affirmé certaines hypothèses: clou de girofle, boite avec quelque chose dedans, tuyau et bille, noix.Et nous avons découvert de nouveaux objets: l’œuf, le sac de "thé", les feuilles.Il y a encore des choses à découvrir:     * Qu'est-ce que ces choses dans le sachet: des graines? Nous avons décidé de les semer!     * Le langage sur le papier est du Braille, la classe de CP-CE1 qui a travaillé sur ce langage nous a traduit le message!     * Les tuyaux sont tous les mêmes, mais pourquoi les billes ne tombent pas à la même vitesse?Nous avons encore du travail pour finir de percer le mystère.Plus