Les résultats de l'étude PISA viennent de tomber !
Dans bon nombre de pays, dont la Suisse, la Belgique et la France, les performances des jeunes en sciences sont qualifiées de moyennes et mêmes médiocres en comparaison avec les 12 pays les mieux côtés (OCDE - PISA 2006 - Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves).
S'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les causes de cette relative faiblesse, certains ministres et chefs de département de l'instruction publique estiment nécessaire «d'apporter des correctifs dans l'enseignement des sciences et revoir la place qui leur est accordée» (
commentaire de Charles Beer, chef du DIP du canton de Genève - décembre 2008).
Une récente étude (Dubois L., 2008, non publié) met le doigt sur une grande diversité de pratiques en matière d'enseignement des sciences à l'école primaire. Une plus grande harmonisation permettrait-elle d'améliorer les apprentissages ?
Quelques éléments de cette étude exploratoire
Cette recherche a été réalisée auprès des enseignants titulaires de classes de 5ème et 6ème primaire dans le canton de Genève, inscrits à un cours de formation continue, dispensé par le Secteur de l'Environnement (Centre de Formation de l'Enseignement Primaire du Canton de Genève) en automne 2008. La population ayant répondu au questionnaire est constituée par 60 enseignants de 5P/6P ayant suivis ces cours de formation au mois d'octobre 2008.
L'analyse des données montre effectivement une grande diversité de pratiques, par exemple au niveau des tâches que les enseignants demandent à leurs élèves.
Ainsi, bon nombre de tâches mentionnées par les enseignants interrogés relèvent d’activités en lien avec une démarche de type HOERIC, largement décriée à l'heure actuelle. D’autres activités mettent l’accent sur la consultation de documents scientifiques, par exemple, la lecture de documents, le visionnement de film, les recherches. Quoi qu'il en soit, les activités énoncées sont très nombreuses et témoignent donc d'un manque d'uniformité des pratiques.
Ce constat est confirmé par les productions écrites que notre échantillon demande de produire à leurs élèves. A ce sujet, la diversité est encore plus prononcée. L'étude demandait aux enseignants interrogés de se prononcer sur la fréquence d'utilisation de 12 types d'écrits (schémas d’expérience, résumés, dessins, synthèses qu’ils copient du tableau noir, exposés écrits, notes dans un cahier ou un classeur personnel, panneaux d’exposition, comptes-rendus personnels, photographies, tableaux ou graphiques, relevés ou mesures, textes à trous). Si quasiment tous les types d’écrits et de traces sont utilisés, à des fréquences très variables, très peu d’enseignants les font apparaitre dans les pratiques de manière régulière, c’est-à-dire au moins une leçon sur deux.
Quelles perspectives ?
L'enseignement des sciences est dispensé, à l'école primaire, en Suisse, en France comme en Belgique, par des enseignants généralistes. Par ailleurs, le nombre d'heures attribuées à l'enseignement des sciences de la nature avoisine, pour les élèves de l'école primaire, une heure trente par semaine. Enfin, les objets d'étude sont très vastes, puisque recouvrant tous les domaines scientifiques.
«La priorité n'est plus d’enseigner les sciences pour elles-mêmes, mais au travers des sciences et des techniques, d’introduire chez l’apprenant une disponibilité, une ouverture sur les savoirs, une curiosité d'aller vers ce qui n'est pas évident ou familier. S’approprier des démarches de pensée prend alors une place prépondérante. L’individu doit pouvoir mettre en œuvre à côté des démarches expérimentales (observation et classification comprises), des démarches systémiques ou pratiquer la modélisation, l’argumentation et la simulation.» (
Giordan A. - billet de blog du 15 Novembre 2008).
C'est vers ces apprentissages fondamentaux que l'enseignement doit se recentrer.
Pour cela, il sera nécessaire de mieux baliser l'enseignement des sciences pour que chaque enseignant généraliste puisse poursuivre ces mêmes objectifs et proposer à leurs élèves des activités en cohérence avec les finalités de l'enseignement des sciences.
Le chantier est conséquent et tant les formations initiales et continues que la mise en place de nouveaux plans d'étude que l'élaboration de nouveaux moyens d'enseignement seront déterminants pour voir l'enseignement des sciences évoluer dans la bonne direction.
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