Réseau social du Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences
www.education-authentique.org APPRENDRE LA VIE ? L'école, la famille, les médias, structurés implicitement autour de la comparaison, conditionnent à la fragm...
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Commentaire de Fatmire le 13 mars 2013 à 9:56 Premièrement, cette vidéo souligne un fait selon moi de plus en plus gênant dans nos sociétés. En effet, j’estime comme l'auteur que les enfants n’ont plus aucun plaisir, liberté d'enfant car dès leur plus jeune âge, l’école tend à «les adapter à l’instruction ». Ils y perdent le plaisir d’apprendre et sont influencés à rentrer dans un mode de vie basé sur la compétition et la compilation de « savoirs intellectuels à acquérir». A ce sujet, il est proposé de dépasser cette « scission entre les compétences intellectuelles et non intellectuelles » en vue de promouvoir le développement de l’enfant par une scolarité favorisant la "coopération" entre pairs car l'enfant se développe mieux son milieu naturel (l’individu n’est jamais seul face à son environnement).
De surcroît, le lien avec l’enseignement des sciences est pertinent. Comment peut-on enseigner des « savoirs intellectuels » en science ou en art, par exemple, alors que ce sont des domaines dans lesquels les savoirs ne sont jamais stabilisés? En effet, dans les deux cas il faut « enseigner », ou « faire pratiquer » cette aptitude à formuler plusieurs réponses à une même question à considérer sous plusieurs angles. Il s’agit de « l’aptitude de pensée divergente ». C’est grâce à celle-ci qu’un individu est capable de créativité et c’est une capacité requise pour devenir chercheur en sciences ou encore artiste. C’est donc principalement dans ce genre de discipline scolaire qu’il faut sortir du paradigme de l’école que l’on connaît. En effet, selon la recherche de l’auteur, l’éducation, ou devrait-on dire la scolarisation, ne s’adapte pas aux enfants et à leur grande capacité de pensée divergente. L’école détruit ce génie en l’enfant en lui apprenant qu’à chaque question UNE seule réponse est exacte ! C’est ainsi que les élèves développent leur capacité à deviner ce que l’enseignant attend d’eux plus que leur capacité à chercher une multitude de possibilité à un mystère. Il faut s’interroger donc à savoir comment nous pouvons sortir de ce mythe de LA bonne réponse sachant que la société dans laquelle nous vivons y adhère entièrement? Que faire, par exemple, de la pression des parents qui veulent absolument faire apprendre par cœur à leurs enfants et voir l'évaluation écrite des capacités de ceux-ci?
En outre, je suis interpellé par ce qui est mis en avant concernant la concentration des enfants. Lorsque je suis en stage notamment, je me demande toujours pourquoi on a encore ce vieil ordinateur au fond de la classe qui est plein de poussière alors qu’il n’est jamais utilisé ? Les élèves sont sans cesse sollicités à se concentrer dans les tâches proposées par l’enseignant. Or celles-ci sont si ennuyantes par rapport à ce qui passe à la TV, ou ce que les élèves peuvent faire avec leur ordinateur, ou iPhone. Le système d’instruction doit absolument s’adapter aux nouveautés technologiques qui emparent la concentration des enfants (et des adultes) sans quoi les élèves vont tous finir par être « anesthésiés » car suspectés de TDAH. Ceci en vue de leur inculquer des savoirs stabilisés qui suivent un idéal répondant aux besoins industriels. Ce qui manque peut-être aux générations qui instruisent aujourd’hui c’est justement cette créativité dont parle l’auteur et qui nous permettrait de lier actualité et pratique d’enseignement ! Pourquoi ne parvenons-nous pas à utiliser tous ces moyens attractifs (iPhone, iPad, ordinateur, tv, billes ou jeux fashion du moment…) qui font plaisir aux élèves pour leur enseigner ce que nous voulons qu’ils apprennent ?
Enfin, pour en revenir à ma première réaction à cette vidéo, pourquoi ne serait-ce pas l’instruction qui s’adapterait aux enfants mais ces derniers qui s’adaptent à un système d’instruction démodé reposant sur le principe d’intelligence des années lumières et menant à des diplômes qui perdent presque leur sens pour les élèves?
Commentaire de Hull le 10 mars 2013 à 16:18 Et si l’école détruisait le génie qui est en nous ?
Cette vidéo fait la démonstration que l’école formate l’individu à l’image de la société dans laquelle il vit. Rien de nouveau de ce côté-là. Il s’agit de lui transmettre une identité culturelle, et également de l’intégrer dans l’économie de demain.
Ce qui est nouveau, c’est que l’école est destructrice de créativité. Au lieu d’encourager et de développer les capacités humaines, l’école désamorce le processus de pensée divergente. C’est cette capacité qui nous permet de considérer les problèmes sous divers angles, de penser autrement. Une recherche longitudinale a été mise en place avec des enfants de maternelle. 98% d’entre eux étaient capables de pensée divergente. Cinq ans plus tard, il n’y en a plus que 30% et encore cinq ans plus tard, il ne reste que 12%. Cette recherche démontre que nous sommes tous capables de pensée divergente, et de grande créativité à notre entrée à l’école, mais elle se dissipe en grande partie en cours de scolarité. C’est le paradoxe de l’école ! Une institution qui cherche à instruire afin de garantir la compétitivité et l’innovation nationale, finit par détruire le génie de ses concitoyens…
Cette vidéo m’éclaire sur un sentiment que j’ai ressenti tout au long de ma scolarité. Lorsque le maître pose une question, il attend une seule et unique réponse. Si l’élève ne répond pas exactement là où il est attendu, ce n’est pas LA bonne réponse. Les attentes scolaires m’ont toujours donné l’impression qu’il faut comprendre en tant qu’élève par quel « trou de serrure » le maître veut nous faire réellement passer. Etre « éduqué » à l’école veut dire qu’il n’y a qu’une réponse exacte possible.
Ce que je comprends aujourd’hui, en ce qui concerne les savoirs scientifiques, c’est qu’ils ne sont jamais véritablement stabilisés. Demain, tout peut être remis en question, du fonctionnement réel du cerveau à celui de la cellule.
Pour que l’école ne soit pas le conformisme, la non-prise de risque et l’anesthésie, il faut qu’elle libère la pensée, les démarches, les tâtonnements afin de valoriser les prises de risque, la curiosité et l’anticonformisme. C’est à ce prix que les génies seront générés par l’école.
Est-ce que l’école devrait se concentrer sur les savoir-faire et non les savoirs ?
Est-ce que l’école devrait s’intéresser à la démarche expérimentale, c’est-à-dire à l’élaboration d’hypothèses, puis vérifier à l’aide d’expériences pour enfin tirer des conséquences des résultats, plutôt que de donner un savoir didactisé clé en main ? Par conséquent, est-ce que l’école devrait revoir sa procédure d’évaluation ? Les objets évalués n’étant plus les savoirs acquis, mais les compétences construites lors de l’apprentissage ?
Dans la peau d'un chercheur présenté sur la TSR au 12h45 du 7 mars 2011
© 2013 Créé par Laurent Dubois.
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